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L'ÉGLISE: Son histoire - Éléments remarquables

Son histoire :

Que se passe-t-il à Nogent-en-Othe au début du 12ème siècle ? Absolument rien : c'est une forêt inhabitée. C'est probablement la raison pour laquelle Robert de Champagne, prieur de St Ayoul à Provins, décide d'y fonder, en 1135, un prieuré dépendant de l'abbaye de Molesme (dont il était également le fondateur). Car la situation isolée et austère de Nogent correspondait bien à la volonté de pénitence et de mortification qui caractérisa la vie de ce saint homme.

A l'époque, il n'y a donc même pas un village... mais c'est le point de départ d'une histoire qui se prologe jusqu'à nos jours. Le Roi de France est alors Louis VI "le Gros", principalement célèbre pour ses excès de table (dont il mourut en 1137, son fils Louis VII "le Jeune" lui succédant alors).

En ce début de 12ème siècle, nous ne sommes pas en France mais au cœur du Duché de Champagne, sur lequel règne Thibaut II, alias Thibaut de Blois ou Thibaut IV "le Grand", comte de Troyes et de Champagne, comte palatin et pair de France.

Les relations entre le Roi de France et le comte de Champagne ne sont pas des meilleures. En 1142, Louis VII envahit le comté, brûlant vifs, notamment dans l'église dans laquelle ils s'étaient réfugiés, les habitants de Vitry-en-Perthois.

Ce fut également l'époque où il s'inscrivit dans la seconde croisade, particulièrement calamiteuse, tant d'un point de vue politique que pour l'économie de la Couronne.

Etant donné qu'une mauvaise idée vient rarement seule, Louis VII se sépara, à son retour, de sa femme Aliénor d'Aquitaine... laquelle partit avec une dot considérable, consistant en un territoire allant de la Loire aux Pyrénées ! Aliénor se remaria aussitôt avec Henri II de Plantagenet, le futur Roi d'Angleterre, réduisant ainsi sévèrement le territoire français et donnant naissance à une rivalité entre les deux souverains et leurs descendants, qui courut sur plus de deux siècles.

On ne peut donc pas dire que Nogent-en-Othe ait vu le jour dans un contexte très favorable...

Comment cette petite communauté parvint-elle, néanmoins, à survivre et à se développer ? Ce sont les moines qui déboisèrent pour cultiver et assurer leur subsistance. Puis les seigneurs, pour s'attirer les bonnes grâces du clergé, firent des dons au prieuré : on en trouve des traces, telles que la rente d'un muy de blé et de deux serfs accordée par Dame Alix de Château Hutton en 1204. Ou la cession d'un droit de gruerie sur les bois de Nogent consentie, en 1214, par Blanche de Navarre, comtesse de Champagne ; En 1239, Hughues de St Mars aurait également passé un accord avec le prieur de Nogent concernant des terrains sis à Maraye.

Parallèlement, la ville de Troyes se développait et faisait vivre des bûcherons, puis des charbonniers, lesquels permirent l'établissement progressif de maîtres de forge. Le déboisement s'accompagnait en outre d'une forte expansion de l'agriculture.

C'est en 1553 qu'est bâtie l'église actuelle... Nous sommes sous le règne d'Henri II, second fils de François 1er. La France s'est agrandie et la Champagne y est désormais intégrée.

Mais qui a construit l'église ? On ne le sait pas encore. Selon les historiens, il s'agirait d'un don fait par un seigneur désireux de s'assurer une place au paradis. Il est probable que son nom figure quelque part sous les badigeons qui recouvrent les peintures murales.

Et qu'est devenu le prieuré ? Aucune trace historique ni archéologique n'a été découverte à ce jour. Il est probable qu'il existait toujours au moment où l'église fut construite. Dans le cas contraire, sa construction à cet endroit perdrait beaucoup de son sens...

On dispose de peu d'informations ultérieures sur ce petit village qui a tout de même compté, en 1790, jusqu'à 231 habitants !

Autre curiosité : sur la carte de Cassini (XIIIe siècle, voir extrait ci-dessus), il existe une seconde église située à Nogent-le-Haut, dont on n'a aucune autre trace.

Aujourd'hui, Nogent-en-Othe compte une quarantaine d'habitants. Ils disposent de l'eau courante, de l'électricité, du téléphone... et d'une vieille et petite église qui a encore des choses à raconter à qui souhaite l'écouter.

Éléments remarquables

Ce qui frappe l'œil et séduit dès le premier abord, c'est le choix de l'implantation : située aux trois quarts de la pente, là où la courbe s'infléchit à notre regard, l'église domine sans s'imposer. Disposée à l'écart des habitations, elle n'est pourtant pas solitaire.

Le muret bas du cimetière l'entoure et délimite son territoire sans la dissimuler aux regards, tandis que son clocher, minuscule et pointu, surveille le vallon depuis déjà cinq siècles.

Lorsqu'on franchit le seuil, l'intérieur est lumineux : les 4 grandes fenêtres, en arc ogival, éclairent les murs badigeonnés de blanc. La voûte, également en ogive, apparaît tout aussi blanche.

Notre Dame sait se présenter, mais ses habits sont des guenilles : le badigeon s'écaille, le plâtre se détache de son lattis.

Ce qui est intéressant c'est que derrière le badigeon et le plâtre délabré se trouvent cachés les éléments les plus remarquables du bâtiment : les peintures murales. 

De petites surfaces des peintures ont été soigneusement mises à jour, à la demande du Service Départemental de l'Architecture de l'Aube.

L'intérêt de ce qui a été découvert a justifié la mise en route d'une procédure menée par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) qui a abouti en novembre 2006 au classement de l'église (inscription à l'inventaire supplémentaire). On trouvera ici l'expertise complète de l'église et de ses peintures, effectuée par Mme Marie-Gabrielle Caffin, historienne de l’art.

Hormis ces éléments d'intérêt majeur, Notre Dame abrite une jolie statue en pierre sculptée polychrome qui représente la Vierge à l'enfant.

Cette sculpture est particulièrement gracieuse. Elle n'a pas pu être datée avec certitude. Depuis 1950, elle attire les pèlerins, chaque année, le 15 août.

Elle est abritée sous un dais en bois sculpté, sur lequel on peut lire : "1580 ECCE ANCILA DOMINI 1580".

On remarque, aussi, la cuve baptismale en pierre, sculptée de façon simple, elle est datée de la même époque.

Enfin, autre pièce : la petite cloche, qui porte une inscription gravée dont le début est : "Lan 1776 jay ete benite par Edme Fransuraux cure de Nogent en Othe...".


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